1 - L'ordre de Cîteaux

Cet Ordre est fondé près de Dijon en 1098 par Robert, abbé bénédictin de Molesmes. Avec quelques compagnons, il souhaite revenir à une observance plus stricte de la règle monastique de saint Benoît définie vers 540. Les autres monastères de l'époque, notamment ceux de Cluny devenus trop riches, s'étaient éloignés des fondamentaux de la règle de saint Benoît. Les cisterciens adoptent un strict ascétisme, considérant l'exercice du travail manuel comme un élément essentiel de leur règle.

L'Ordre cistercien se dote en 1119 de la « Charte de Charité », considérée comme le texte constitutionnel de l'ordre qui établit les liens entre les différentes communautés : toutes les maisons de l'Ordre doivent suivre la même règle et sont visitées chaque année par un abbé ; au cours du Chapitre général se réunissent l'ensemble des abbés de tous les monastères.

Après des débuts difficiles et des manques de vocation, Cîteaux prend son essor dès 1112, avec l'arrivée du jeune Bernard de Clairvaux, accompagné de parents et d'amis. Il est le véritable responsable de la rapide expansion de l'Ordre. On assiste à la naissance de ses « quatre filles », les abbayes de La-Ferté-sur-Grosne, Pontigny, Clairvaux et Morimond, qui fondent à leur tour d'autres communautés : c'est « l'éclair cistercien » (R. Fossier).
Le premier monastère de moniales cisterciennes est fondé à l'initiative d'Étienne Harding et s'installe à Tart non loin de Cîteaux en 1132. Au début du XIIIe siècle, les maisons de moniales liées à l'Ordre sont si nombreuses que le Chapitre général de 1228 en limite la construction. Actif conseiller de moniales, Bernard s'intéresse à leur vie régulière : il prône la conversion continue, le refus de la richesse, de la beauté et de la jeunesse.
Au cours du XIIe siècle, les cisterciens deviennent un Ordre influent au sein de l'Église et y occupent des fonctions importantes dans son gouvernement. Ils contribuent également au développement économique et agricole, à la culture et au développement de l'architecture gothique.

Pourtant vers 1170-1180, l'Ordre abandonne certains de ses principes ascétiques (pauvreté et travail manuel) notamment par le recrutement de convers et un labeur intellectuel plus dense. Concurrencé par l'avènement des Ordres mendiants (Dominicains, Franciscains, Carmes et Augustins) qui attirent les vocations, il connaît à partir du XIVe siècle un déclin certain.

L'Ordre connaît, plus tard, à deux reprises, un renouveau monastique et spirituel, avec la réforme des Feuillants, congrégation fondée en 1577 par Jean de La Barrière, puis celle de la Trappe menée par Armand de Rancé en 1664, qui entraîne l'Ordre dans une entreprise réformatrice.

Avec la Révolution française, les monastères cisterciens sont fermés.