7 - Les incunables et la naissance de l'imprimerie

Même si les demandes de livres demeurent encore relativement limitées à la fin du Moyen Âge, le système des copies manuelles devient vite insuffisant.
L'invention à la fin du XVe siècle de l'imprimerie constitue une véritable révolution. Elle tire ses origines de la xylographie (procédé qui consiste à graver sur une planche de bois le texte à imprimer) et a pour objectif de répondre à ce nouveau besoin quantitatif. Alors que les livres étaient jusque-là copiés un à un à la main, l'imprimerie permet leur multiplication de façon beaucoup plus rapide et de manière identique.

Cette invention ne semble pas avoir de lien avec les développements antérieurs de différents procédés d'impression en Orient. L'orfèvre Gutenberg, de Mayence, est habituellement considéré comme le père de la typographie vers 1450. Le principe de cette technique est d'utiliser des caractères mobiles en métal représentant des lettres que l'on dispose ensuite sur un socle pour composer la page à imprimer sur papier.
La Bible de Gutenberg, dite aussi à quarante-deux lignes en raison du nombre de lignes par pages, est traditionnellement présentée comme le premier livre imprimé réalisé en 1456.

L'engouement pour cette nouvelle technique se répand rapidement dans toute l'Europe et les presses à imprimer se multiplient dans les grandes villes : à Paris en 1470 sous l'impulsion de Guillaume Fichet, originaire du Petit-Bornand, mais aussi à Lyon en 1473.

Les incunables (du latin incunabulum : berceau, commencement) sont les ouvrages imprimés issus de la première production typographique, avant 1501.
Près de la moitié des incunables sont d'inspiration religieuse, puisque les clercs représentent une part importante du lectorat. Au XVIe siècle, ces ateliers d'imprimerie permettent de diffuser à une échelle jusqu'alors inédite et à un moindre coût les œuvres des auteurs antiques, des ouvrages d'initiation grammaticale ainsi que les nouveaux textes des humanistes, qui stimulent encore davantage la demande de livres.

La présentation du contenu des livres imprimés s'inspire directement de celle utilisée pour les manuscrits. La mise en page évolue ensuite, les imprimeurs au cours du XVIe siècle développant très vite leurs propres recherches formelles et esthétiques, relatives aux caractères, à la mise en page et aux illustrations. Au cours de la Renaissance, en Italie, ils instaurent même des règles de conception du livre qui se sont maintenues jusqu'à nos jours dans le monde de l'édition.

Ces innovations simplifient la production des livres et le rendent économiquement rentable et relativement facile à réaliser. Le livre devient alors un produit « industriel », qui se diffuse en plus en grand nombre.