5 - Sainte-Catherine du Mont : histoire d'un lieu

Suite au départ des religieuses, les bâtiments de l'abbaye furent mis en location. Michel Neppel en 1780 signe un bail avec les religieux de l'Ordre de Cîteaux afin de louer les bâtiments de l'abbaye, laissés par les religieuses pour y établir « une manufacture et fabrique de faïences, potasserie et tuilerie » ; ce bail est prolongé jusqu'en 1793.
En 1783, Neppel fonde une société à laquelle appartiennent de grands notables locaux, comme l'évêque Jean-Pierre Biord, le marquis de Sales ou Jean-Claude Burnod, avocat au Sénat.
Cette entreprise connaît dès 1786 des difficultés, le technicien Neppel s'avérant un mauvais gestionnaire. Burnod est alors appelé pour redresser la situation mais il n'y parvient pas. Neppel est évincé de la société en 1787. S'ensuit alors une lutte entre Burnod et Neppel, qui aboutit à un arrêt du Sénat de Savoie en date du 17 avril 1790, qui rétablit finalement Neppel dans ses droits.
Avec l'entrée des troupes françaises à Annecy, en septembre 1792, les bâtiments de Sainte-Catherine sont déclarées Bien national.
La faïencerie connaît une production active jusque vers 1806, date à laquelle elle envoie des échantillons de sa production  à l'exposition de Paris.
Le vallon reprit ensuite une vie pastorale et agricole, avant d'être l'objet d'un programme de reboisement dans la seconde moitié du XXe siècle. C'est finalement en 1973 que la ville d'Annecy se porte acquéreur de la forêt de Sainte-Catherine et l'ensemble formé par la forêt communale, le vallon de Sainte-Catherine et leurs abords sont inscrits comme site classé.

Les locaux de Sainte-Catherine, utilisés comme faïencerie, ont, quant à eux, presque totalement disparu. Certains éléments ont été utilisés comme matériau de réemploi dans d'autres constructions. Seuls un élément de construction appartenant peut-être à l'ancienne église du couvent, une fontaine et quelques ruines subsistent à ce jour.