4 - Sainte-Catherine du Mont : histoire d'un lieu

C'est probablement à la fin du XIIe siècle qu'est fondée, aux portes d'Annecy dans le vallon de Sainte-Catherine, un prieuré cistercien, avec des religieuses originaires du couvent de Bonlieu. On ne connaît pas à ce jour les conditions exactes de la création de cet établissement.
L'église est d'abord placée sous le vocable de la Vierge avant, assez curieusement, de passer sous la protection de sainte Catherine d'Alexandrie, associée à la Vierge.
Ce couvent n'est attesté par les textes, pour la première fois, qu'en avril 1227 : Guillaume II de Genève concède un privilège d'immunité aux moniales pour le repos de son âme et celui de ses ancêtres.
Deux mois plus tard, il donne au monastère le droit de percevoir des taxes (sur le sel, sur les péages&) ainsi que différents biens.
Vers le milieu du XIIIe siècle, le prieuré du Mont change de statut et accède à celui d'abbaye. Elle est même la nécropole des Genève jusqu'en 1360, date à laquelle Amédée III élit sa sépulture en l'église Notre-Dame-de-Liesse d'Annecy.
Grâce à la protection et aux dons de la famille de Genève dont l'abbaye bénéficie, elle se trouve propriétaire de nombreux biens : une partie de la forêt du Semnoz, des moulins sur le Thiou et à Gruffy, des propriétés à Loverchy, Vovray, Pringy, Meythet, Faverges& Grâce au cadastre sarde, on sait qu'elle possède au XVIIIe siècle 73 parcelles sur le territoire d'Annecy.
Si l'on connaît presque tous les noms des abbesses qui ont dirigé cet établissement, en revanche peu de documents permettent d'identifier les moniales au Moyen Âge ; elles semblent toutefois provenir du Faucigny et du Genevois et sont issues de la noblesse locale, notamment des Saint-Jeoire et Menthon.
En 1616, François de Sales dans un élan de réforme des couvents souhaite que les monastères de Cîteaux regagnent les villes, afin que les religieuses ne demeurent pas exposées « à l'insolence des voleurs et au désordre de visites vaines et dangereuses des parens et amis ».
Pourtant les religieuses restent à Sainte-Catherine jusqu'en 1772, date à laquelle les sœurs, peu nombreuses et pour la plupart âgées, rejoignent celles de Bonlieu au faubourg du Pâquier à Annecy, suite à la demande de la prieure.