4 - Son fonctionnement

Son siège
Les séances de l'Académie se tiennent chez le président Favre, à l'actuel numéro 18 de la rue Sainte-Claire à Annecy, dans l'hôtel de Bagnoréa. Ce lieu n'a pas été le berceau de l'académie, puisque Antoine Favre n'entre en possession de cet immeuble que le 14 janvier 1608.

La société
Les membres portent le titre d'académiciens avec une distinction toutefois pour les membres du « comité » : le prince ou président, deux assesseurs ou collatéraux, un secrétaire, un trésorier et des censeurs.
Henri Ier de Savoie est le prince, à la tête de cette académie, sur laquelle il exerce sa protection. François de Sales et Antoine Favre sont les deux assesseurs, s'occupant de philosophie et de théologie pour le premier, et de jurisprudence pour le second, tout en partageant les questions liées aux sciences et lettres humaines. La fonction de président effectif est assurée par les assesseurs, qui l'exercent à tour de rôle.

Devenir académicien
Tout candidat doit présenter des garanties morales, indiquant qu'il est homme de bien, professant la religion catholique, aimant sa patrie et servant fidèlement son Prince ; ces garanties sont fournies par un des académiciens qui le présente. Le futur académicien doit également présenter des exercices littéraires pour prouver « sa doctrine et capacité, ou par escrit ou par parolle ». Aucun de ces exercices n'est parvenu jusqu'à nous. Après son admission, un registre d'entrée ou « Cathalogue » est rempli et le nouveau membre choisit alors un nom académique, celui de Claude de Quoex étant « Admirant » et une devise académique.

Les réunions de l'Académie
On distingue les « assemblées générales », réunions publiques fréquentes où peuvent être admis « tous les braves maistres des arts honnestes » et les réunions privées réservées aux seuls académiciens.

Les travaux de l'Académie
D'après les constitutions, étaient inscrits au programme deux types d'exercices :
- les leçons, au cours desquelles chaque académicien doit faire à tour de rôle une leçon sur un sujet imposé et d'une durée déterminée. Le programme d'enseignement comporte sept sciences (théologie, politique, philosophie, rhétorique, cosmographie, géométrie, arithmétique) et présente de grandes similitudes avec le trivium (grammaire, rhétorique et logique) et quadrivium du Moyen Âge (arithmétique, géométrie, astronomie, et musique).
D'autres matières étaient également au programme : « l'Arithmétique de Jacques Pelletier du Mans, les Elemens d'Euclide, la Sphere et Cosmographie avec ses parties, la Geographie, l'Hydrographie, Corographie et Topographie, l'art de naviguer et la theorie des Planettes, la musique theorique, ou encore les Enseignements de Claude Flamand, ingénieur du duc de Württemberg sur l'art de la guerre ».

- les harangues et discours se distinguent par leur forme et par le fond laissé à la fantaisie de l'orateur, alors que le programme des leçons est établi à l'avance. Louis de Sales, en tant qu'académicien, déclame des poèmes et prononce trois discours philosophiques connus seulement par leurs titres, dont « Sur ce que le temps est le meilleur des conseillers ».

À côté de ces exercices, les académiciens produisent également des travaux en hommage à leur prince protecteur ou aux membres de sa famille, comme des harangues funèbres à l'occasion de la mort d'Anne d'Este.