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161 J Fonds de la maison forte de Maugny

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Classer dans : Non classé
Sommaire

Auteur : par Clara Vinourd et Martine Simon-Perret ; sous la direction d'Hélène Maurin directrice des archives départementales de la Haute-Savoie

 

Sous-titres : répertoire méthodique

 

Description du profil :
Nom de l'encodeur : Instrument de recherche produit au moyen du logiciel Arkhéïa Aide au classement de la société Anaphore sarl, version 8-2.9 du mardi 6 décembre 2016. Date de l'export : mercredi 5 février 2020 (17:06 h)
Langue : Instrument de recherche rédigé en français

Description physique :
Genre/Carac. phys. : Document d'archives 998
19,55 ml

Langue des unités documentaires : Français et ponctuellement latin, italien, allemand, polonais, perse.
Organisme : Archives départementales de la Haute-Savoie

Producteur des archives


Biographie ou histoire :
La famille Nicod est originaire du pays de Gex. Elle s'est implantée dans le Chablais dès le début du XVIe siècle à l'occasion du mariage en 1523 d'Étienne Nicod avec Anne fille et héritière d'Antoine de Neuvecelle de Maugny. Par cette alliance, le nom, les biens et les terres des Neuvecelle passent aux Nicod qui s'appellent désormais Nicod de Maugny ou, à l'époque contemporaine, Nicod de Neuvecelle de Maugny. Sous l'Ancien régime, le titre de seigneur de Maugny, ou co-seigneur de Maugny, est porté par l'aîné ou deux aînés, certains cadets se faisant appeler de Neuvecelle.
La maison forte et tour de Maugny, parfois tardivement désignée comme château, est située sur la commune de Draillant (Haute-Savoie) dans le hameau de Maugny. Elle a été la résidence, pas toujours principale, de dix générations de Nicod. Elle apparaît notamment en 1737 sous le numéro 1036 de la mappe cadastrale sarde de Draillant (1 Cd 197). De nombreux membres de la famille ont toutefois résidé fréquemment à Thonon-les-Bains, plusieurs portant le titre de bourgeois de Thonon parallèlement à celui de noble seigneur de Maugny.
Les Nicod de Maugny ont dès l'origine une fortune foncière modeste qu'ils évitent de diviser à chaque génération, les fils cadets restant souvent célibataires. Ils vivent essentiellement de leurs revenus fonciers et de droits seigneuriaux, comme en témoigne une assez belle série de registres de reconnaissances qui s'étend du XVe à la mi-XVIIIe siècle. L'abondance d'actes concernant des poursuites par les seigneurs de Maugny contre de mauvais payeurs de divers droits, souvent de petites sommes, témoigne d'une certaine fragilité de leur situation financière autant que de la volonté d'affirmer leur autorité. Preuve de cette situation précaire, l'inventaire de 1732 signale que le château « est en tres petit estat, la plus parts des planchers estant tous poûris, et les couverts et murailles beaucoup ruinées », la grange, les étables et le pressoir « sont aussi en tres mauvais estat ».
À partir du XVIIe siècle, on voit des membres de la famille exercer des fonctions militaires, publiques ou ecclésiastiques, d'envergure limitée cependant, comme officier subalterne, syndic ou prêtre.
C'est avec Clément de Maugny (1798-1859) que la famille atteint une notoriété plus grande. Le titre de comte héréditaire lui est accordé par le roi Charles-Albert de Piémont-Sardaigne en 1842, en récompense de ses services militaires et de son dévouement à la couronne. À cette date, Clément fait partie des gardes du Corps du roi et a déjà un solide parcours militaire. En août 1848, il est nommé gouverneur général de la Savoie. En décembre 1848, il est sénateur du royaume et en novembre 1850 promu général d'armée. En raison de ses obligations professionnelles, Clément et son épouse Léontine Fortis vivent essentiellement en Italie et à Chambéry et séjournent peu à Maugny. Clément entame cependant une campagne de restauration et d'embellissement du château en 1843. Léontine, durant son veuvage, se partage jusqu'à sa mort en 1901 entre Maugny et son habitation à Thonon.
Leur fils Charles Albert séjourne lui aussi très peu à Maugny. Ses carrières successives militaire, diplomatique, journalistique et littéraire l'ont conduit de Turin à Paris en passant par la Russie, la Perse et la Podolie. De plus son épouse Honorine Komar a acheté une propriété avec maison de maître nommée Lauzenette, à Allinges, non loin de la maison forte de Maugny mais beaucoup plus lumineuse et confortable que cette dernière. Cependant le couple adopte une vie séparée au bout de quelques années, Charles Albert à Paris, Honorine partant vivre définitivement sur ses terres russes de Podolie.
Leur fils, troisième et dernier comte de Maugny, prénommé Clément comme son grand-père, entame une carrière militaire avant d'adopter une vie de propriétaire rentier après son mariage en 1902 avec une allemande bien dotée, Rita Busse. La Première Guerre mondiale, qu'ils vivent tous les deux activement, lui au front, elle comme infirmière dans des hôpitaux militaires, les laissent dans une situation financière précaire suite aux pertes massives éprouvées tant sur les biens fonciers d'Honorine et de Rita en Europe de l'est que sur les placements financiers (effondrement des emprunts russes, écroulement des valeurs allemandes…). La maison forte de Maugny, un peu rénovée au début des années 1930 grâce à un héritage, est leur demeure principale malgré quelques séjours sur la Côte d'Azur. Clément est maire de Draillant de 1908 à 1925. Le couple n'ayant pas d'enfants, la maison forte de Maugny, après les décès de Rita en 1937 et de Clément en 1944, passe aux nièces de Rita, Aniela et Rita Rosciszewska. La propriété passe ensuite aux enfants d'Aniela qui s'en séparent en 2014. C'est à l'occasion du partage familial que les archives sont dispersées.
Des précisions biographiques sont fournies ponctuellement en cours d'inventaire sur certains individus ou familles représentés dans le fonds.


Historique de la conservation :
Bien que la maison forte n'ait pas toujours été résidence principale, différents indices montrent que c'est néanmoins là que les archives familiales et seigneuriales ont été accumulées au cours des siècles, avec des conditions de conservation plus ou moins aléatoires (poussière, humidité, rongeurs, oiseaux, insectes...).
Les archives antérieures à la Révolution avaient-elles fait l'objet d'un inventaire spécifique ou d'un rangement physique rationnel, comme cela a parfois été le cas dans certaines seigneuries qui recouraient au service de feudistes ? Il n'en reste pas de trace. Par contre, quelques mentions dans les papiers de gestion de la seigneurie nous informent qu'un inventaire des titres avait été réalisé à Maugny le 18 août 1732. Il s'agit là d'un inventaire après décès, à la mort de Pierre François Nicod de Maugny. À cette occasion, non seulement les meubles et les objets de la maison ont été répertoriés mais aussi tous les papiers, sommairement décrits sans préoccupation de classement, dans l'ordre où ils se présentaient ; un numéro (une cote) leur a été attribué, noté à l'encre sur chaque pièce. Cet inventaire n'a pas été retrouvé dans le fonds 161 J mais comme un double avait été insinué par le notaire au bureau du tabellion de Thonon, il peut être consulté sous la cote 6 C 1200. Il fournit de multiples informations : 239 cotes y sont décrites dont une majorité subsiste dans le présent fonds. Les archives étaient alors situées dans le « poile », terme désignant généralement une pièce chauffée par un poêle à bois, et conservées dans une « garde robe sapain » et « un gros coffre ». On constate que les registres de reconnaissances étaient un peu regroupés, ainsi que les dossiers de nombreuses procédures judiciaires. Mais la majorité des actes à la pièce étaient entassés en désordre chronologique.
Sur certains actes, il a aussi été repéré un numéro assorti d'une croix potencée, qui pourrait correspondre à un autre inventaire non identifié. Enfin le cas d'une triple cotation (numéro d'inventaire de 1732, croix potencée suivie d'un numéro et autre numéro seul) se présente également.
Albert de Maugny avait, au début des années 1860, emporté temporairement un certain nombre de titres familiaux anciens à Paris, vraisemblablement pour les faire étudier par un généalogiste, et il avait demandé en 1861 des copies d'actes aux archives générales du royaume à Turin. La démarche pourrait s'expliquer par un désir de faciliter son introduction dans les milieux aristocratiques parisiens en prouvant une ascendance noble et ancienne.
Son fils, le dernier comte Clément de Maugny, s'est beaucoup intéressé à l'histoire de Maugny et plus largement du Chablais, ainsi qu'à la généalogie de sa famille. Il avait regroupé à part les actes qui lui semblaient les plus intéressants, sans toutefois opérer un classement du fonds au sens archivistique. De nombreuses pièces ont été fréquemment soustraites, au moins temporairement, pour des communications, des prêts à des érudits locaux ou encore dans le cadre du long et vaste chantier de rédaction de l'armorial de Foras. Certains de ces documents n'avaient jamais réintégré Maugny et quelques-uns sont même entrés aux Archives départementales par d'autres voies. Ainsi a été repérée dans le fonds 60 J dit « Marcel Sauthier » une liasse de documents originaux des XVe-XXe siècles provenant sans conteste de la maison forte de Maugny, certains portant le numéro de l'inventaire de 1732, d'autres des commentaires de la main du dernier comte ou de son épouse. Ils ont ainsi pu être réintégrés dans le fonds lors du classement.
Quant aux archives familiales des XIXe et XXe siècles, le désordre était tout aussi grand lors de l'entrée aux Archives départementales. Quelques rares dossiers constitués subsistaient ainsi que quelques liasses de lettres regroupées par destinataire mais la correspondance contemporaine des deux derniers comtes a été en grande majorité éclatée lors de la constitution de lots en vue des ventes aux enchères, le seul critère de répartition retenu par le prestataire de vente étant la valeur potentielle des autographes de personnalités.


Informations sur les modalités d'entrée :
Achats successifs et dons, 2008-2017.


Présentation du contenu :
Le fonds de la maison forte de Maugny, dont les archives s'étalent du XIVe au XXe siècle, est assez représentatif de ce type de fonds à la fois familial et seigneurial : il serait plus juste de parler des fonds. Le principal est celui de la famille Nicod de Maugny, dont les papiers personnels, domaniaux et seigneuriaux se sont accumulés sur plusieurs siècles.
Se sont agrégés des documents extérieurs dont la provenance et/ou la raison de la présence sont parfois très difficiles à établir, en lien avec des mariages, des héritages ou encore avec la gestion de la seigneurie et des domaines. C'est ainsi que s'y trouvent notamment des épaves de fonds des familles de Neuvecelle, Fortis, Regard ou Richard d'Alby ainsi que de multiples documents isolés concernant des habitants de paroisses des environs de Draillant ou de la région de Chambéry.
La diversité des typologies est une réelle richesse de ce fonds, elle permet d'envisager des recherches ou des études sous des angles très variés : registres féodaux de reconnaissances ; expéditions de notaires d'actes marquant la vie familiale (contrats de mariage, testaments, partages...) ou reflets de la gestion financière et foncière ; dossiers de procédure à l'occasion de litiges en tout genre ; comptabilité domestique ; nombreuses correspondances privées et professionnelles pour les XIXe et XXe siècles... L'intérêt du fonds dépasse donc très largement le simple périmètre de la famille Nicod de Maugny et de leur maison forte de Draillant.


Rédacteur de la description :


Mode de classement :
L'entrée en plusieurs phases (achats puis dons complémentaires) du fonds et son état de vrac quasi intégral ont nécessité un long traitement pièce à pièce ainsi que de nombreuses restaurations. Signalons que tous les lots de documents provenant de la maison forte n'ont pu être acquis lors des ventes aux enchères successives de 2008-2009.
Le présent plan de classement a été élaboré en s'inspirant des préconisations du guide
Les archives privées
publié par la Direction des Archives de France en 2008.
La première partie regroupe les archives familiales Nicod de Maugny, en suivant l'ordre des générations. La seconde est consacrée aux archives seigneuriales et domaniales des seigneurs de Maugny. Il s'est cependant avéré très difficile de séparer avec certitude les documents relevant de la gestion personnelle et familiale de celle du domaine seigneurial, à supposer que la distinction ait été clairement faite dès leur production. On se heurte par exemple à l'imprécision de nombreux actes (obligations, exploits, quittances...) sur les motifs des sommes dues par les débiteurs, qui peuvent être multiples : droits seigneuriaux, tractations privées, cens, loyers, rentes, achats de denrées agricoles, remboursements, intérêts, dédommagements, etc. Les requêtes et exploits peuvent parfois citer plusieurs habitants d'un hameau pour des motifs différents. Pour étudier chaque génération Nicod de Maugny, le chercheur aura donc intérêt à consulter ces deux premières parties.
Viennent ensuite les archives des autres familles alliées et non alliées aux Nicod puis les papiers regroupés artificiellement par aires géographiques à défaut de pouvoir reconstituer les dossiers originels auxquels ils appartenaient. Sont ensuite présentés par ordre chronologique les documents isolés qu'il n'a pas été possible de rattacher avec certitude à un des ensembles précédents.
Viennent pour finir les parties « Documentation » et « Bibliothèque ».
Les anciens numéros d'inventaire relevés sur certains actes ont été mentionnés car ils pourraient permettre, notamment dans le cas de branches extérieures aux Nicod de Maugny dont les fonds originels ont été éclatés, de faire un jour des rapprochements avec d'autres documents conservés ailleurs et de mieux comprendre leur provenance et leur histoire.
En raison du nombre très élevé d'individus cités dans le fonds, avec des variations et incertitudes d'orthographe ainsi que de fréquentes homonymies, il n'a pas été procédé à une indexation patronymique systématique. Seuls l'ont été les individus et organismes principaux ou bien identifiés. La recherche dans le texte est cependant possible dans l'inventaire en ligne ou la version pdf.
L'orthographe des patronymes a été dans la mesure du possible harmonisée pour faciliter la recherche en plein texte, en adoptant la forme contemporaine (sauf en cas de doute sur l'appartenance d'un individu à une famille identifiée ou lors de citation intégrale d'un titre d'acte). Par exemple, Nicod prime sur les formes Nicot, Nicoud, Nicoz, Denicod et Maugny sur celles Maugnier, Mauny, Mouny, Mogny, Mougny etc.


Statut juridique :
Archives privées
Communicabilité :
Communicable.


Autre instrument de recherche :
Consulter l'inventaire au format PDF
Liens :


Mots-clé lieu : Draillant (Haute-Savoie, France)
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