12 - Un essor économique et démographique original 2010
La conjoncture économique et sociale des années 1970-2000, les « Trente Piteuses », est sensiblement moins favorable que durant la période 1945-1970. Cependant, la Haute-Savoie, bien qu’inscrite dans une économie fortement internationalisée, se singularise. Elle offre un visage attractif qui a pu contraster avec biens des départements français.

Cette caractéristique résulte de l’association de plusieurs éléments déterminants : la dynamique démographique (de 530 000 habitants en 1988 à 708 000 en 2008), le positionnement transfrontalier, l’accessibilité des territoires, l’essor du tourisme de masse ou encore la compétitivité économique des secteurs agricoles et industriels. L’accompagnement des entreprises est garanti par l’Agence économique départementale ou les Chambres consulaires. Le marché stimule les secteurs du commerce de détail, des services à la personne, des loisirs et du bâtiment. Il n’est pas sans lourdes conséquences : urbanisation et rurbanisation, prix élevés, dépendance envers l’économie suisse qui attire main d’œuvre et matières premières…

En effet, l’essor de la population et de ses revenus ne s’explique pas que par des efforts internes. Il participe du dynamisme économique helvétique, en particulier genevois. L’importance de l’emploi frontalier renvoie aux années 1990-2000. Genève – métropole régionale – et son territoire incarne le principal bassin d’emploi pour une partie nord – toujours plus importante – du département. Les industries (en particulier celles des produits de luxe), le secteur du bâtiment et des travaux publics, les différents sièges d’organisations internationales et diplomatiques, mais aussi le secteur financier, offrent des emplois à environ 45 000 Haut-savoyards en 2008. Leur nombre, qui a plus que doublé depuis l’an 2000, équivaut à 20 % des emplois à l’intérieur du département. Genève reverse, en « compensation », une partie des richesses créées aux communes concernées par les déplacements pendulaires des travailleurs frontaliers.

L’augmentation de la population engendre des besoins croissants en cultures maraîchères. Tout en se maintenant durant les années 2000, elles ne constituent cependant pas la majeure partie des productions agricoles départementales. Un mouvement important de concentration et de spécialisation des activités se poursuit, entraînant la grande majorité des producteurs vers la filière laitière, en difficulté, et favorisant la collaboration avec l’industrie agro-alimentaire. Des politiques de labellisation (AOC, Marque « Savoie ») de produits considérés comme « typiquement savoyards » (fromages, vins, fruits, bois…) sont continuellement développées. Mais l’agriculture reste fragile. Le nombre d’agriculteurs a en effet fortement chuté (8 000 travailleurs à plein temps en 2002, contre 6 500 début 2009) du fait du vieillissement de la population agricole, du renchérissement des coûts de production et de la complexité de la gestion européenne des enjeux agricoles.