1 - L'origine des armoiries

Entre la fin du XIe et le début du XIIe siècle, les armoiries apparaissent sur les champs de batailles et de tournois. Peintes sur les boucliers, elle servent de signes distinctifs aux chevaliers devenus méconnaissables sous leurs armures. Elles se généralisent ensuite lors des croisades comme signe de reconnaissance et de ralliement.

Leur usage s'étend progressivement à toutes les catégories de la société, aux femmes, aux ecclésiastiques, aux bourgeois, collectivement ou individuellement. Contrairement à une idée répandue, les armoiries ne sont donc le privilège de personne.

L'emploi des sceaux contribue au développement et à la multiplication des armoiries. Ainsi les villes, dès la fin du XIIe siècle, s'en dotent-elles, certains sceaux étant armoriés.
Le sceau est une empreinte obtenue par l'apposition sur une matière malléable (cire, plomb, or) d'une matrice portant les signes d'identification d'une personne physique ou d'une institution.
Au Moyen Âge, le sceau remplit une fonction juridique ; ce signe de validation des actes est également investi d'une fonction politique et sociale : diffusé à plusieurs milliers d'exemplaires, il permet à son possesseur d'exalter son image et ses emblèmes, tout en proclamant ses titres et ses prétentions.
Les Archives départementales de la Haute-Savoie conservent un peu plus de 400 sceaux antérieurs au XVIe siècle représentés par quelque 675 empreintes. Deux tiers d'entre eux sont des sceaux laïques (princes des maisons de Savoie, dauphins de Viennois, seigneurs et chevaliers savoyards ou voisins). Le clergé est représenté majoritairement par des sceaux d'églises et de maisons religieuses du diocèse de Genève.
Cet ensemble de sceaux présente avant tout un intérêt régional, puisque plus de la moitié sont ceux de personnes ou d'institutions du duché de Savoie. Un petit tiers provient des régions limitrophes (Genève et Pays de Vaud, Ain, Dauphiné).

Au cours du XIIIe siècle, l'héraldique, son vocabulaire et sa syntaxe s'organisent de façon définitive. Ce même siècle voit également la naissance des premiers armoriaux. Cependant, les premiers ouvrages manuscrits conservés pour les pays de Savoie ne remontent qu'à la fin du XVIIe et au XVIIIe siècle.