1 - Les héritages des régimes précédents
Un des éléments caractéristiques du système institutionnel de la Ve République est l’élection du président de la République française au suffrage universel direct.

À l’origine, la Constitution du 4 octobre 1958 prévoit son élection par un collège de grands électeurs. Elle s’inscrit ainsi dans l’héritage des lois constitutionnelles de la IIIe République (1871-1940), de la Constitution de la IVe République (1947-1959) et la tradition républicaine française : le président de la République est élu non plus directement par le peuple mais désormais sous la IIIe République par les deux chambres du Parlement réunies en Assemblée nationale ou, sous la IVe République, en Parlement. 

Cet héritage et cette tradition trouvent leur origine avec l’élection du président de la République au suffrage universel censitaire direct sous la IIe République (1848-1851) : le coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte (2 décembre 1851) marque sa chute et l’établissement du Second Empire. Ils constituent un précédent empêchant jusqu’à nouvel ordre toute expérience d’élection du président de la République au suffrage universel.

Après la chute de l’Empire le 4 septembre 1870, la nouvelle République est établie en 1871 avec un président élu pour sept ans, non plus au suffrage universel, mais par le Congrès (Chambre des députés et Sénat).

Le 28 octobre 1962, Charles De Gaulle demande par référendum aux Français de se prononcer pour ou contre l'élection du président de la République au suffrage universel direct. 

Le contexte national des référendums de 1962 et de l’élection présidentielle de 1965 éclaire les campagnes politiques, les spécificités et les résultats de ces scrutins en Haute-Savoie.