2 - Les enfants orphelins, rapatriés, victimes de la guerre

Entre 1914 et 1918, 7,9 millions de Français sont mobilisés et 1,4 million meurt ou disparaît au combat. Une génération d'enfants est entraînée dans le conflit : ils connaissent les privations, les destructions, l'exode, l'afflux des réfugiés, l'absence ou la mort du père&

Les enfants participent également à l'effort de guerre : enrôlés, au côté des femmes, dans différents emplois, ils remplacent les hommes absents. En ville, ils travaillent dans les usines d'armement, à la fabrication des obus notamment. Ils sont aussi livreurs, vendeurs de journaux... A la campagne, ils participent aux travaux agricoles et sont appelés à travailler aux champs, avec l'autorisation du ministère de l'Instruction publique.

La guerre est synonyme de restrictions, en particulier en matière d'énergie et d'alimentation. Le ravitaillement devient difficile même dans les départements éloignés du front. Des mesures de rationnement sont prises dans toute la France. Les enfants sont répartis par catégorie : E pour les moins de 3 ans, J pour les 3 à 13 ans, A pour les plus de 13 ans. Les plus jeunes ont droit à quelques produits alimentaires supplémentaires et les adolescents à des quantités plus importantes.

Comme l'ensemble de la population civile, les enfants sont victimes des violences du conflit : récits des atrocités commises par l'ennemi, pillages, incendies& Ils subissent aussi les bombardements et les destructions. Ils connaissent alors l'exode, fuyant avec leur famille les départements envahis, les zones de combats. Les enfants qui vivent à l'arrière voient l'afflux de réfugiés. En 1918, le nombre de réfugiés français atteint son point culminant avec 2 millions de personnes.

A l'issue du conflit, la France compte 1,1 million d'orphelins. Le pays se sent responsable du sort de ces enfants dont le père est mort au combat. Des œuvres de secours se mettent en place et des journées de bienfaisance sont instituées, à l'instar de la journée nationale de l'orphelinat des armées du 20 juin 1915. Les fonds recueillis durant cette journée, notamment à travers la vente d'épinglettes, permettent de venir en aide aux orphelins. La loi du 27 juillet 1917 instaure le statut de pupille de la nation, qui offre aux enfants une protection particulière de l'État, notamment en matière de scolarité, santé, emploi ou loisirs.