Arch. dép. Haute-Savoie, 6 FS 222 (en reclassement)

C'est parfois par hasard que l'on peut retrouver des informations sur les circonstances de découvertes archéologiques anciennes. On en trouve un exemple dans la liasse de documents concernant la reconstruction de l'église des Clefs en 1828-1829 (sous-série 6 FS administration communale sarde). Au milieu de plans, devis, comptes et délibérations communales, se trouvent deux lettres du secrétaire de la commune, nommé Depommier père, adressées à l'intendant du Genevois, le comte Calvi.
La première, du 4 avril 1828 (extrait illustré ci-dessus), accompagne l'envoi de 13 pièces d'argent  exhumées par les ouvriers chargés d'araser les restes souterrains d'une tour médiévale à l'emplacement de la future église.
La seconde, du 23 juin, raconte que le corviste Jean-Joseph Gay-Perret a déterré avec sa bêche un cachet de laiton dans ces mêmes fondations « à cinq pieds et demi au-dessous des fondemens de la tour ».
La commune souhaite que ces objets soient confiés, par les soins de l'intendant,  à la société académique de Savoie pour examen et datation. Elle demande aussi qu'une petite gratification soit versée à l'inventeur, père de neuf enfants en bas âge, ce qui stimulerait tous les autres corvistes.
La société royale académique de Savoie a bien reçu les pièces avant de les remettre au musée de Chambéry. Un article est publié la même année (dans le tome 3 des Mémoires de la société, cote Arch. dép. Haute-Savoie, PER 1401, p. 253-258) : les pièces dateraient des premières années du XIVe siècle et auraient été frappées par l'évêque de Genève Martin.
On ne sait si les terrassiers ont finalement été récompensés...