12 - Les quatre refondateurs de l'Association florimontane

Louis Bouvier (1819-Buenos-Aires, 1908)
Botaniste réputé, il est secrétaire de l'Association florimontane en 1851 et 1852, conservateur du musée, alors naissant, d'Annecy. Il laisse de nombreuses études sur les fleurs des montagnes de Savoie et un important mémoire sur la chaîne des Aravis et ses vallées. Suite à son départ d'Annecy et pendant son séjour à Genève, il est nommé président de la société botanique de Genève et membre de l'Institut genevois. En 1866, il prend part à la session d'Annecy et de Chamonix, en sa qualité de vice-président de la société botanique de France. En 1878, il publie Flore des Alpes, de la Suisse et de la Savoie.

Jean-Étienne Machard (Annecy, 1824-1887)
Directeur de l'usine à gaz d'Annecy, il fonde ensuite une autre usine dans laquelle sont fabriquées des cuillères en fer battu. Ses recherches ont porté notamment sur la fabrication du papier de bois. Il dispense les cours de chimie appliquée aux arts en 1852, sous les auspices de l'Académie florimontane, avant d'assurer en 1858 les cours de physique et de chimie au collège chappuisien.

Éloi Mugnier-Serand (Annecy, 1826-1891)
Né dans une famille de modestes commerçants, il développe rapidement un goût prononcé pour l'archéologie et la numismatique en collectionnant, très jeune, des « antiquités » de toutes sortes, dont il fait don en 1844 pour former un noyau du musée d'Annecy. Par une délibération du 9 décembre 1850, le conseil communal le nomme conservateur du musée d'archéologie et bibliothécaire-adjoint.
Il se passionne pour les recherches historiques qu'il fait partager tous les soirs dans son arrière-magasin de l'épicerie de la rue Filaterie. Les premiers bulletins de l'Académie sont les témoins de l'activité qu'il développe pour mettre en commun le fruit de ses recherches, recruter de nouveaux membres et inciter à des dons.
En 1855, il participe à la fondation de la Société savoisienne d'histoire et d'archéologie et est membres de nombreuses autres sociétés savantes. Dix ans plus tard, il abandonne le commerce.
Il est nommé archiviste-adjoint de la Haute-Savoie par arrêté préfectoral du 23 janvier 1866 et membre du conseil municipal en 1858. Il publie de nombreux articles dans la Revue savoisienne.

Jules Philippe (Annecy, 1827-Paris, 1888)
Après des études secondaires à Genève et au collège chappuisien à Annecy, il crée plusieurs journaux : Le national savoisien, Le moniteur savoisien et en 1869 avec Joseph Dépollier le journal républicain Les Alpes. Avant 1860, il siège quelques mois au conseil municipal d'Annecy.
Le gouvernement de défense nationale le nomme préfet de la Haute-Savoie en 1870. L'année suivante, il est élu député de la Haute-Savoie, mais donne sa démission pour rester préfet, fonction dont il est révoqué par Mac-Mahon en 1873. Il est élu aux élections législatives de 1876, puis réélu en 1877 et 1885.
Il fut également un écrivain et un historien qui rédigea de nombreux ouvrages : La Savoie poétique, Manuel chronologique de la Savoie, Introduction de l'imprimerie à Paris, ce dernier obtenant un prix de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres.
Au sein de la Florimontane, il transforme le modeste bulletin des débuts en une Revue savoisienne mensuelle dont il assure la direction durant une décennie.