14 - Le domaine de Montrottier

À sa mort, en 1916, Léon Marès lègue à l'Académie florimontane la propriété de Montrottier et ses collections, à condition qu'elles soient ouvertes au public et laissées en l'état. Le château ouvre ses portes aux visiteurs pour la première fois le 19 mars 1919. L'Académie florimontane, en la personne de Joseph Serand, ami de Léon Marès, s'occupe alors de l'organisation et de l'adaptation du château et des collections.

Léon Marès est né à Montpellier en 1854. Ce collectionneur passionné s'établit à Lovagny en 1906 ; la même année, il fonde La Falabrègue, sœur du Félibrige, créé en 1854 par Frédéric Mistral. Il s'investit dans la région notamment en entrant en 1909 à l'Académie florimontane et en étant élu maire de Lovagny en 1912.
Il fait preuve d'un véritable esprit de collectionneur, typique de ce goût très en vogue à son époque et son insatiable curiosité s'étend non seulement à la culture française et européenne mais aussi aux civilisations orientales et extrême-orientales. Ses collections (armes, objets orientaux, mobilier, tapisseries, faïences&) réalisées pour son seul plaisir sont marquées par l'éclectisme, sans préoccupation de classement méthodique ou de présentation scientifique. Il installe également dans le parc une ménagerie constituée de daims, d'un lama, d'un dromadaire et d'oiseaux exotiques.
La présentation des collections n'a pas changé depuis 1916 et leur visite offre un exemple précieux d'une demeure d'un collectionneur au début du XXe siècle.

Joseph Serand (Faverges, 1868-Annecy, 1957)
Archiviste-adjoint du département de la Haute-Savoie, bibliothécaire-adjoint de la ville d'Annecy, il prend sa retraite en 1923. Il s'engage activement dans la vie locale, notamment au sein du Club alpin français ou de l'Académie florimontane où il occupe la fonction d'archiviste ; il collabore à la Revue savoisienne par de nombreuses communications très documentées sur l'histoire locale. Dès 1916, il prend en main la gestion du domaine de Montrottier et des collections, dont il devient le premier conservateur.

Le château conserve toutes les caractéristiques de l'architecture médiévale et constitue un ensemble clos, son plan polygonal étant calqué sur le relief du terrain. Les bâtiments les plus anciens remontent au XIIIe siècle, avec des constructions postérieures. Des remaniements ont été réalisés au cours des XIXe et XXe siècles.

Par arrêté du 1er septembre 1919, le donjon, la tour des Religieuses et le corps de logis des Chevaliers sont classés parmi les Monuments historiques. Les terrains entourant le château le sont le 5 janvier 1935. Une inscription à l'Inventaire supplémentaire des monuments historiques, par arrêté du 3 novembre 1987, vient compléter ces protections pour les autres bâtiments.