10 - La journée du 2 août 1911
Dès 6 heures débute la grande cérémonie, annoncée par les volées des cloches de la ville : les châsses sont sorties de l’église et placées sur leurs chars respectifs, surmontées chacune d’un dôme. Quatre chevaux caparaçonnés, tenus par des valets de pieds en costume Louis XIII, sont attelés à chaque char richement décoré.

Les pèlerins, fidèles à leurs prêtres et à leur paroisse, marchent groupés, le chapelet et le manuel dans les mains, chantant des cantiques ou récitant le rosaire. Sur le Pâquier, ils se répartissent autour de poteaux indiquant les places des groupes et des paroisses.

La mise en route s’établit suivant l’échelonnement défini : le long du Pâquier, rue Vaugelas, Visitation, rue Royale, quai Eustache-Chappuis, Place au Bois, côte du Séminaire.

Toutes les communes et paroisses de Haute-Savoie sont représentées, mais aussi des pèlerins originaires de Genève, de Savoie et d’ailleurs.

Ensuite prennent place les châsses de sainte Jeanne de Chantal et celle de saint François de Sales.

Puis on trouve le cortège du grand nombre de religieux venus de France et du monde entier qui se répartit en deux groupes, le premier accompagnant la châsse de sainte Jeanne et le second celle de saint François. À sa suite, prennent place des membres de la société civile : des membres de sociétés savantes, dont l’Académie florimontane et l’Académie salésienne placées toutes deux sous le patronage du docteur de l’Église, mais aussi des hommes politiques dont Albert Crolard, député d’Annecy. Ils sont suivis d’une foule nombreuse.

Vers 9 h, la tête de la procession arrive enfin sur la colline. Après l’arrivée des châsses, à l’autel, le cardinal Maffi célèbre une messe pontificale.

Une partie des pèlerins regagne la ville, alors que d’autres tentent de s’approcher des châsses pour les voir et les vénérer avant de souhaiter assister à leur transport en procession au monastère, portées en clôture. Les saints reposent alors dans le chœur des religieuses, en attendant de trouver une place d’abord dans la crypte.

À la demande du Syndicat d’initiative, l’illumination est générale, exceptés les bâtiments administratifs. Un feu d’artifice est tiré simultanément depuis le Pâquier, le Jardin public, l’Île des Cygnes et la Jetée, tandis que des barques participent à l’embrasement du lac. Au kiosque du Pâquier, la fanfare de l’orphelinat de Douvaine donne un concert, tandis que celle de la paroisse de Sciez est acclamée lors d’un concert sur le champ de Mars.