10 - Un nouveau fonctionnement (1)

L'administration de la société : Il faut attendre 1893 pour que l'association se dote de statuts, dont le premier article indique clairement le lien avec l'Académie fondée en 1607.
Un décret du 17 décembre 1896 du président de la République, Félix Faure, la reconnaît comme « établissement d'utilité publique ». Les statuts sont modifiés notamment en 1911 lors du 60e anniversaire de la refondation de la société qui reprend à cette occasion et fait revivre le titre d'Académie florimontane. À partir de 1918, le nombre de membres effectifs est fixé à 60, 80 membres associés et 25 correspondants et ces statuts sont approuvés par décret du président de la République du 10 octobre 1918. Aujourd'hui, on compte 60 membres effectifs, 60 membres associés, un nombre indéterminé de membres correspondants et quelques membres d'honneur.

Les séances : La première séance se déroule le 7 juillet 1851 au cours de laquelle sont annoncés les cours publics et présentées les premières communications historiques et scientifiques. Le même jour est enregistrée une première liste de dons de manuscrits et d'ouvrages en faveur des archives de l'association et présenté un projet d'établissement à Annecy, par le conseil communal, d'une école des arts et métiers.
Ces séances se réunissent d'abord dans l'ancien hôtel de ville d'Annecy, puis dès la fin de l'année 1855 dans les salons du nouvel hôtel de ville, parfois à la Chambre de Commerce ou au Syndicat d'initiative. En 1970, l'Académie quitte l'hôtel de ville et est relogée dans l'ancien palais épiscopal, rue Jean-Jacques Rousseau jusqu'en 2001. À cette date, sous la présidence de Paul Guichonnet, ses archives et sa bibliothèque sont déposées aux Archives départementales de la Haute-Savoie. En 2007, elle s'installe dans de nouveaux locaux, au chevet de l'église Saint-François-de-Sales.

Les publications : Dès la fin de l'année 1851, l'association publie les procès-verbaux de ses séances, les résumés des communications, la correspondance reçue, les affaires en cours et la liste des objets et ouvrages offerts dans un Compte-rendu des séances de l'association florimontane. À partir de 1854, le format de ce périodique augmente ; il prend le titre de Bulletin de l'association florimontane d'Annecy et revue savoisienne.
En 1855, la publication change de format pour passer du in-4° au in-8°, pour réduire les coûts et faciliter sa conservation.
Dès le début, l'association s'intéresse à de nombreux domaines, en réservant une place de choix à ce qui touche la Savoie : l'agriculture, l'architecture, les biographies, la géographie, la géologie, l'histoire, l'histoire naturelle, l'industrie, la littérature, la météorologie ou encore la numismatique&
Au cours de la séance du 15 décembre 1859, Jules Philippe propose la création d'un organe littéraire et scientifique, la Revue savoisienne, placé sous la direction de l'association, qui paraîtrait une fois par mois dès le 15 janvier 1860. Cette proposition est acceptée à l'unanimité.
La Florimontane publie aussi de nombreux ouvrages dont le Dictionnaire savoyard d'Aimé Constantin et Joseph Désormeaux ou les trois volumes du Répertoire des noms de lieux de l'arrondissement d'Annecy, d'après le cadastre de 1730 par Charles Marteaux.

Les cours et conférences : Dès 1851, elle propose de donner des cours publics pour lesquels est sollicitée l'approbation du ministre de l'Instruction publique. Ce dernier donne non seulement son accord pour l'organisation de ces cours, mais aussi met à la disposition de l'Académie un subside pour l'achat d'instruments de physique et de chimie ou de livres.
Différents intervenants se succèdent pour contribuer à la diffusion des connaissances et à la promotion de la culture populaire, suivant la mode de l'époque et les idées libérales naissantes : ainsi sont assurés des cours de chimie appliquée aux arts, de logique et grammaire française, d'histoire naturelle et géologie, d'opérations bancaires ou encore de droit commercial. Ces deux derniers cours constituent une véritable innovation : à cette période ce sont généralement les lettres qui constituent la base de l'éducation des fils de la bourgeoisie. L'enseignement de l'économie politique ouvre, quant à lui, la voie à des carrières commerciales et industrielles.
Cependant, ces cours publics semblent avoir été abandonnés, l'Académie renonçant à donner des cours isolés. Malgré cela, elle continue à organiser des conférences historiques ou scientifiques au théâtre, à l'hôtel de ville, ou encore plus tard au château de Montrottier.