8 - Les préparatifs de la translation des reliques du 2 août 1911 : dimension économique et organisation
Le logement et l’alimentation mettent au jour explicitement pour la première fois la dimension économique de l’événement. Le maire d’Annecy et le président du Syndicat d’Initiative sollicitent du préfet l’autorisation de loger les pèlerins dans les groupes scolaires mais se voient opposer un refus : ces locaux ne peuvent être détournés de leur affectation ; il craint le développement d’épidémies ; enfin, il lui semble exagéré « de mettre les établissements d’enseignement publics à la disposition de ceux qui sont d’un parti si violemment hostile à cet enseignement, alors qu’il ne saurait être évidemment question d’utiliser dans les mêmes conditions les établissements d’enseignement privé et les établissements congréganistes, si quelque fête laïque amenait à Annecy une grande affluence ».

La compagnie des bateaux à vapeur du lac d’Annecy sollicite du préfet le concours de la gendarmerie pour le maintien de l’ordre et l’application des règlements de navigation lors de ces fêtes.

Le caractère exceptionnel de l’évènement conduit les organisateurs à prendre des mesures de sécurité particulières : plusieurs postes d’ambulance, avec la présence de médecins et de membres de la Croix Rouge, sont établis. Un arrêté du maire Joseph Blanc, du 19 juillet 1911, interdit le stationnement des voitures, chars, charrettes et automobiles dans l’agglomération.

Face aux difficultés de logement, il est probable que certains pèlerins abandonnent le projet de se rendre à Annecy, tandis que d’autres choisissent de résider à Aix-les-Bains, Genève ou Rumilly. Le chemin de fer permet, en partie, de contourner cet obstacle, au moins pour les pèlerins hauts-savoyards et savoyards. Ceux-ci peuvent, en effet, arriver la veille de la fête et repartir le lendemain, sans nécessairement loger à Annecy.

Les bulletins paroissiaux contemporains donnent un aperçu intéressant de la façon dont les fidèles haut-savoyards préparent ces festivités. Ils sont incités très fortement par le clergé à y participer : le curé Amoudruz du Petit-Bornand se fait insistant quant à la participation de ses paroissiens: « La paroisse du Petit-Bornand ne peut pas ET NE DOIT pas rester étrangère à ces grandes et solennelles manifestations à la gloire de nos saints […]. Il est donc de notre devoir d’aller nous joindre au cortège. On ira et reviendra le même jour, le PLM a réduit le tarif de 50 pour cent. A Annecy, Monsieur l’abbé Périllat nous a ménagé une chambre où vous pourrez déposer vos paniers et paquets. Et pour diminuer la dépense, ayez soin de prendre vos provisions de bouche ».