8 - Des membres supposés de l'Académie florimontane

- Jean Déage
Originaire de Cornier, précepteur de François de Sales, il l'accompagne dans ses séjours à Paris et Padoue. Il est reçu docteur en théologie le 11 septembre 1591, chanoine de la cathédrale le 23 mars 1591, curé de Cuvat le 9 mars 1595 et le 1er avril permute avec une chapellenie. En 1602, il devient vicaire général de François de Sales et official. Il meurt le 8 juin 1610.

- Claude Favre de Vaugelas (Meximieux, 1585-1650)
Fils d'Antoine Favre. Sa mère portait le même nom que son père et possédait le domaine de Vaugelas qui lui fut donné à sa naissance.
Gentilhomme ordinaire, chambellan du duc d'Orléans, puis gouverneur des enfants du prince Thomas de Savoie.
Admis à l'Académie française dès sa fondation le 27 novembre 1634, il reçoit une pension de Richelieu (qui ne lui fut jamais payée), de 2 000 livres, pour travailler au Dictionnaire et est mort pauvre et insolvable. Il consacra quinze années pour les lettres A-I.
Excellent et célèbre grammairien, il laisse des Remarques sur la langue française ; il fut « le greffier de l'usage » du français, passant sa vie à recueillir les mouvements et les variations de la langue.

- Honoré d'Urfé (Marseille, 1568-1525)
Après des études au collège de Tournon, il prend parti pour la Ligue et est entraîné dans la disgrâce du parti. Emprisonné une première fois à Feurs, il compose pendant sa captivité les Épîtres morales (1598). Après la victoire définitive des royalistes, il se retire dans les États de Savoie à Chambéry et à Villefranche-sur-Mer près de Nice.
Le regret de son pays natal, notamment les bords du Lignon dans le Forez, le pousse à composer un grand roman de 5 000 pages, dont il publie les trois premières parties (1610-1615) et dont les deux dernières paraissent après sa mort : l'Astrée exprime depuis un idéal de politesse et de galanterie.

- Jean-Pierre Camus (Paris, 1584-1652)
Ordonné prêtre par le cardinal de Sourdis, archevêque de Bordeaux, il est nommé à 25 ans à l'évêché de Belley et consacré le 30 août 1609 par François de Sales. Il est apprécié pour ses prédications, notamment pendant l'Avent ou le Carême. Peu avant 1630 il se retire en Normandie, à l'abbaye d'Aunay, à la réforme de laquelle il travaille et à celle de l'abbaye d'Ardenne. Après avoir été vicaire général de l'archevêque de Rouen, il se retire à Paris. Il meurt juste après avoir été désigné pour l'évêché d'Arras.
Il constitue le type même de l'écrivain d'une fécondité prodigieuse, rédigeant des romans dans un but d'édification, sur les conseils de François de Sales. Il compose également des homélies, traités de morale et spiritualité, vies de saints et ouvrages de controverse.

- Pierre Baranzano (1590-1622)
Fils d'un notaire, il naît en Piémont et entre en 1608 chez les Barnabites de Turin. Dès la fin de l'année 1615, il enseigne au collège chappuisien d'Annecy la philosophie physique et l'hébreu, et inaugure son cours notamment en présence de François de Sales. Ce dernier lui confère la prêtrise la même année. Dans ses cours, il participe à la diffusion des idées que Copernic vient de révéler au monde. Il participe à des prédications dans l'actuel département de la Haute-Savoie, notamment à La Roche, à Bonneville ou à Thorens, tout en s'intéressant également aux sciences naturelles, à la physiologie et aux sciences psychiques ; il a entretenu des correspondances notamment avec Francis Bacon ou Galilée. Il devient préfet du collège barnabite nouvellement installé à Montargis, où il meurt.
Sa publication d'Uranoscopia seu de coelo (1617), peu conforme aux canons ecclésiastiques, est mal accueillie par sa hiérarchie, qui exige de lui une rétractation. Il publie également deux parties de son cours de philosophie physique, s'efforçant de concilier l'aristotélisme officiel avec les données de la science et la philosophie de son époque.