7 - L'eau et le fer. Les chemins de fer après la seconde guerre mondiale. L'électrification

Au lendemain de la seconde guerre mondiale, la SNCF participe à la remise en route de l'économie en reconstruisant le réseau et en réparant le matériel roulant, suite aux sabotages, aux bombardements et déraillements, afin d'assurer les transports.
Elle est dans le même temps confrontée à la concurrence d'autres moyens de transports, tant pour les personnes que pour les marchandises.

L'achat aux États-Unis de 1 323 nouvelles locomotives à vapeur en 1945 permet d'améliorer l'exploitation.
La modernisation du parc n'est qu'une étape. Louis Armand a comme objectif à terme l'électrification de la plus grande partie du réseau en courant alternatif, alors que la SNCF utilise le courant électrique continu.

En 1945, Louis Armand est nommé directeur du service central du matériel à la SNCF et, l'année suivante, directeur général adjoint. À 44 ans, en 1949, il en devient directeur général et se heurte à la Confédération générale du travail des cheminots, dont il entend réformer le statut.
La même année, il fait équiper la ligne entre Aix-les-Bains et La Roche-sur-Foron, via Rumilly et Annecy, afin de pouvoir y réaliser des essais d'électrification dans de bonnes conditions.
En 1948 est prise la décision d'électrifier la ligne expérimentale Aix-les-Bains La-Roche-sur-Foron (78 km) en courant alternatif (50 périodes) avec redresseur à ignitrons; elle est inaugurée dans l'été 1950 par l'Étoile de Savoie avec une rame tractée par la CC 6051 avec à son bord Louis Armand. En 1951 est organisé à Annecy un congrès sur la traction à courant monophasé pour rendre compte du résultat positif des essais.

La première ligne à grand trafic qui est électrifiée est celle reliant Valenciennes à Thionville pour laquelle les travaux sont achevés en 1955, ouvrant la voie à l'électrification du réseau français. La même année est établi le premier record du monde de vitesse sur rail (331km/h).

Ces succès techniques et records placent la SNCF à l'avant-garde du progrès ferroviaire, conférant à la France un prestige considérable profitable à l'exportation des industries ferroviaires françaises (République populaire de Chine, Inde, URSS, Japon).