6 - Le livre manuscrit et sa diffusion au Moyen Âge

Le livre imprimé a connu, bien avant son invention, des ancêtres manuscrits sur différents supports : plaques en argile, écorces, rouleaux de papyrus ou de parchemin. Mais à partir du IVe siècle le codex rectangulaire (livre manuscrit) remplace progressivement le rouleau.

Les livres, au début du Moyen Âge, sont essentiellement écrits par des hommes d'Église pour d'autres religieux et pour des princes (extraits de la Bible, commentaires, liturgie, textes de l'Antiquité). Les centres de production se situent alors essentiellement dans les « scriptoria », ateliers des monastères et des abbayes, où les moines copistes écrivent à l'aide de plumes d'oies, ornent et relient les ouvrages manuscrits sur parchemins.
De nombreux livres médiévaux contiennent de brillantes enluminures faites d'or et de couleurs, qui indiquent le début d'une nouvelle section, illustrent le texte ou en décorent les marges. Les livres sont rares et chers et destinés à une très petite partie de la population, celle qui peut se les offrir et qui sait lire.

À la fin du Moyen Âge, la fabrication du papier participe à la révolution de la production des livres en Europe. Sa fabrication trouve son origine en Chine au début de l'ère chrétienne et c'est vers le milieu du VIIe siècle que la technique est transmise aux Arabes. Au cours du XIIe siècle le papier, apporté par les marchands en relation avec le monde musulman, est connu en Europe, notamment en Espagne et en Italie. La fabrication du papier se développe en France et en Savoie dès les années 1340-1350.
La diffusion de l'industrie papetière dans toute l'Europe occidentale est facilitée par l'implantation de nombreux moulins, auxquels on adapte des « lèves », qui transforment un mouvement circulaire en un mouvement alternatif, ainsi que par le développement de la culture du chanvre et du lin. Ces deux matériaux fournissent la matière première permettant, avec de l'eau, la fabrication du papier. Plus léger, plus maniable et moins onéreux, il entre en concurrence avec le parchemin utilisé jusque-là, puis le remplacer progressivement.

Au cours du XIIe et du XIIIe siècle, les monastères cessent d'être les seuls centres de production de livres manuscrits. En effet, le développement des Universités donne naissance à un nouveau public de lecteurs. Le système de la « pecia » permet, outre un contrôle du contenu des ouvrages, de multiplier la diffusion des livres imprimés par le biais de libraires, qui louent les manuscrits par cahiers séparés, afin qu'ils soient recopiés par les étudiants ou les professeurs.