6 - Le contexte du début du XXe siècle : la religion catholique en Haute-Savoie : un catholicisme social
Au début du XXe siècle, le besoin de s’appuyer sur les fidèles s’impose peu à peu au clergé. L’action catholique se développe avec l’association catholique de la Jeunesse française (ACJF), la ligue des femmes françaises (LFF), des congrès diocésains ou encore différents mouvements d’actions sociales.

En Haute-Savoie, l’ACJF, groupement de piété, d'étude et d’action né en 1886 à l'appel d’Albert de Mun pour servir de cadre à la jeunesse catholique française désireuse de se lancer dans l'action sociale, est notamment incarnée par Paul Tapponnier (président de l’Union départementale de 1907 à 1918 ; député du département de 1919 à 1924).

Le catholicisme se tourne de plus en plus vers l’action sociale. C’est à ce moment qu’éclosent un certain nombre de chorales, fanfares, patronages, sociétés de gymnastique placées sous l’égide du clergé. L’information catholique est plus largement diffusée via la presse et surtout les bulletins paroissiaux.

Au début du XXe siècle, si la religion catholique continue d’encadrer la société haut-savoyarde, dès la fin du siècle précédent notamment sous le Second Empire au cours duquel les loges maçonniques et les sociétés de libre-pensée conçoivent des projets de société sécularisée, la pratique religieuse s’affaiblit dans certaines zones et la religiosité recule, phénomènes à relier sans doute avec la progression de l’alphabétisation et l’éloignement des peurs du passé (épidémies, famines…).

Une nouvelle Visitation à Annecy
Devant la croissance urbaine, les religieuses de la Visitation quittent leur monastère situé rue Royale dans un quartier très fréquenté, près de la gare d’Annecy. L’église et le couvent laissent la place à deux rues transversales et à un hôtel des postes.

Les religieuses sont autorisées à échanger leur propriété de la rue Royale contre la propriété de la Tour, appartenant alors à la famille Tissot ; le décret est rendu en Conseil d’État et signé par le président de la République le 23 octobre 1908. Le transfert des religieuses se déroule le 2 août 1911 : elles s’installent dans un nouveau monastère sur un des versants du Semnoz, bâti d’après le plan traditionnel dans l’ordre.