5 - L'eau et le fer. Les chemins de fer et la seconde guerre mondiale (1)

La SNCF, comme l'ensemble des entreprises publiques françaises, est réquisitionnée en août 1939 et mise au service de l'économie de guerre nazie à partir de la convention d'armistice du 22 juin 1940. Suivant l'article 13 de cette dernière, la SNCF est placée à la disposition pleine et entière du chef allemand des transports avec le personnel spécialisé et la qualité de matériel roulant de chemin de fer correspondant aux conditions normales du temps de paix .

La SNCF, entre 1940 et 1944, joue un rôle essentiel puisque toute l'économie du pays dépend du trafic ferroviaire (voyageurs, marchandises, matières premières et produits agricoles).

Comme pour l'ensemble de la population française, l'attitude des cheminots varie de la collaboration à la résistance. Les cheminots appartiennent cependant à l'une des corporations professionnelles les plus représentées dans les organisations de résistance.

Certains d'entre eux, hostiles aux exigences des Allemands, se mettent rapidement à pratiquer un travail au ralenti.

La SNCF constitue en effet un poste d'observation privilégié à la fois pour repérer les mouvements de l'occupant, mais aussi pour les gêner ou même les bloquer.

Naissent alors des groupes clandestins structurés par des cadres de l'entreprise, comme Louis Armand, occupés à guider les actions des Alliés et à les informer. Cette résistance informelle est importante chez les cheminots et s'appuie sur leur sens de la solidarité.

Le chemin de fer ne doit pas être totalement aux mains de l'occupant : il faut favoriser le transport de personnes et de matériel vers la zone libre, tout en cachant habilement cette résistance.
Louis Armand envoie à Londres les renseignements dont il dispose sur le comportement de l'armée allemande, afin de renseigner le seul pays adversaire de l'Allemagne à cette date, notamment par des informations sur les transports militaires allemands assurés par la SNCF.