5 - Histoire des armoiries communales en Haute-Savoie

Au cours du Moyen Âge ou de l'Ancien Régime, certaines villes ont adopté des armoiries, d'autres s'en sont vu concéder l'usage : c'est le cas de La Clusaz qui se voit confirmer, en 1602, le pouvoir d'user de la marque d'un mouton d'argent en sinople.
« De sinople à la tête de mouton d'argent ».
Ces armoiries anciennes représentent un héritage, marqué par un réel enracinement dans le passé.
Dans le département de la Haute-Savoie, le nombre d'armoiries communales antérieures à la Révolution est faible. Une vingtaine seulement est antérieure à la première moitié du XIXe siècle, soit un peu moins de 13 % de l'ensemble des armoiries communales du département.
Ce chiffre limité semble à associer à la modestie du réseau urbain, à la fois lâche et irrégulier : au Moyen Âge, la Savoie ne peut pas être considérée comme une terre des villes.
Aujourd'hui, cette influence a certainement un poids non négligeable qui pèse encore lourd et explique en partie la place toute relative qu'occupent les villes dans le département où l'activité rurale a été très longtemps prépondérante.

Les communes, dépourvues d'armoiries peuvent procéder à leur création. Elles disposent d'une entière liberté de choix. Ces armoiries acquièrent une existence légale par la délibération du conseil municipal qui en accepte le projet (loi du 5 avril 1884 sur l'organisation communale).
Il convient cependant de prendre avis et conseil auprès de la Commission nationale d'héraldique ou de la Direction des Archives départementales pour s'assurer qu'elles ne sont pas déjà portées et qu'elles respectent les règles de l'héraldique. Cette Commission et les Archives départementales émettent un avis sur les projets qui leur sont transmis. Ce rôle consultatif et le travail en collaboration avec les communes permet d'éviter bien souvent l'adoption d'armoiries fantaisistes et peu conformes à l'esprit du blason.

Dans les années 1960 s'est mise en place une « commission d'héraldique urbaine » qui porte aujourd'hui le nom de « commission nationale d'héraldique » ; elle est le seul organisme public à exercer officiellement une mission de conseil et a pour mission de guider les collectivités dans la création et l'adoption d'armoiries. En liaison avec les Archives départementales, elle prodigue avis et conseils pour éviter l'adoption d'armoiries fantaisistes ou peu conformes à l'esprit du blason.