5 - Le contexte du début du XXe siècle : la religion catholique en Haute-Savoie : grottes et pèlérinages
Au début du XXe siècle, la religion catholique prévaut en Haute-Savoie : elle contrôle la société, les mœurs, les opinions et est omniprésente dans l’enseignement. La pratique religieuse est quasiment unanime et l’Église influence la vie des familles dans les paroisses.

Après 1858 (« apparitions » à Lourdes) et l’Annexion de la Savoie à la France, au cours de laquelle le rôle pro-français du clergé est déterminant, de nombreuses fêtes marquent la ferveur de la population à la religion catholique et particulièrement à la dévotion mariale, comme le confirment les grands pèlerinages qui se développent : à la Bénite-Fontaine à La Roche, à Notre-Dame de l’Aumône à Rumilly, aux Allinges ou encore à Notre-Dame des Voirons, à Boëge.

L’attachement militant de la population s’exprime aussi par la construction de nombreuses répliques de la grotte de Lourdes dans le département et l’institution de pèlerinages en France ou à l’étranger.

À la fin du XIXe siècle, l’Église demeure fortement enracinée. En même temps que naît un catholicisme politique, une période de conflits s’ouvre avec la société laïque.

Le 13 mai 1902, le chanoine Pierre-Lucien Campistron est nommé évêque d’Annecy. Durant son épiscopat, il veille à ne pas heurter frontalement le pouvoir, notamment dans une période des vives tensions marquée d’abord par l’expulsion des congrégations (1901-1903), par l’interdiction de l’enseignement aux congrégations (1904), par la Séparation des Églises et de l’État puis par les inventaires (1905-1906).