5 - Les deux membres fondateurs

François de Sales (Thorens, 1567-Lyon, 1622)
Après des études au collège de La Roche, au collège Chappuisien d'Annecy, puis au collège jésuite de Clermont à Paris, il poursuit ses études à l'université de Padoue, où il obtient le doctorat ès droits civil et canon en 1591.
Refusant de suivre le désir de son père qui voit pour lui une carrière au Sénat de Savoie, il affirme sa volonté d'être prêtre. Il est nommé prévôt du chapitre de Genève en 1593 et reçoit des mains de l'évêque Claude de Granier les ordres mineurs puis le sous-diaconat. En 1602, à son décès, il lui succède comme évêque de Genève, en résidence à Annecy.
En 1610, François de Sales fonde le premier monastère de la Visitation Sainte-Marie à Annecy, placé sous la direction de Jeanne-Françoise Frémyot, baronne de Chantal, où les religieuses consacrent une grande part de leurs journées au soin des pauvres, des malades et des infirmes.
Un an plus tard, il part évangéliser le Chablais, nouvellement reconquis par le duc Charles-Emmanuel.
François de Sales est béatifié en 1661 et canonisé en 1665. Il occupe un des premiers rangs parmi les écrivains de langue française de son époque. Son ouvrage principal, l'Introduction à la vie dévote (1608), est de son vivant réédité 40 fois. Il rassemble les principales lettres qu'il a adressées à sa cousine Louise de Charmoisy, anxieuse de savoir si une femme mariée pouvait réellement vivre de façon à plaire à Dieu. Il a également écrit un Traité de l'amour de Dieu, des Sermons, des Entretiens spirituels et des Lettres.

Antoine Favre (Bourg-en-Bresse, 1557-Chambéry, 1624)
Après des études chez les Jésuites et à l'université où il est reçu docteur ès droits civil et canon en 1579, il devient avocat au Sénat de Chambéry. En 1587, il devient sénateur au Sénat de Savoie.
L'année 1592 marque sa rencontre avec François de Sales et le début de leur amitié.
En 1596, il est nommé par le duc de Nemours, président du Conseil de Genevois, organe auquel sont confiées les affaires politiques et judiciaires dans l'apanage de Genevois (bien-fonds accordé à un cadet dans le but d'assurer sa subsistance et qui fait retour à la couronne à défaut d'enfant mâle). Il s'établit alors à Annecy pour l'exercice de cette charge.
Dans le même temps, il est chargé de plusieurs missions : s'assurer du logement et du ravitaillement des troupes suisses en Genevois, aider François de Sales dans sa mission du Chablais, défendre les intérêts d'Anne d'Este, duchesse douairière, dans la succession de son frère Alphonse II, duc de Ferrare. De retour à Annecy, le président et l'évêque exercent une grande influence sur la ville, « la cité d'Anicy estoit semblable à celle d'Athenes ».
Par lettres patentes du 20 juin 1610, le duc de Savoie Charles-Emmanuel Ier le nomme premier président du Sénat de Savoie. À la fin de l'année 1618, il participe aux négociations avec François de Sales pour le mariage de Christine de France, fille d'Henri IV, avec Victor-Amédée.
De ses deux mariages, il avait eu plusieurs enfants, dont René, Claude et Marie-Jacqueline, religieuse de la Visitation.
Homme de science, jurisconsulte renommé, il rédige de nombreux ouvrages juridiques, notamment le fameux Codex Fabrianus, recueil de décisions du Sénat de Savoie, ainsi qu'une tragédie et des ouvrages de méditations poétiques.