4 - L'eau et le fer. Les chemins de fer avant la seconde guerre mondiale. Le Traitement intégral Armand (TIA)

C'est au début du XIXe siècle que sont mises en service en France les premières lignes de chemin de fer, d'abord destinées au transport, puis aux voyageurs dès les années 1830. Le Second Empire marque un grand moment de développement des voies ferrées, lié à la croissance économique du pays.
Des concessions sont attribuées par l'État, afin d'autoriser des compagnies privées à construire et exploiter des lignes. Il se charge dans le même temps de la surveillance des tarifs, les compagnies assurant un service public.
Les compagnies privées connaissent des difficultés financières ; aussi, l'État intervient dans la gestion des chemins de fer afin de les soutenir. Cependant, la première guerre mondiale, la concurrence du transport routier pour les voyageurs marquent de grandes difficultés financières pour l'ensemble des compagnies ; les possibilités de renflouement de ces dernières sont réellement compromises par la crise économique de 1929.
Aussi, par une convention du 31 août 1937, l'État nationalise les chemins de fer pour une durée de 45 ans. Pour cela, il crée en 1938 la Société nationale des chemins de fer français (SNCF), qui doit créer un réseau unique économiquement viable, sous la responsabilité de l'État, en fusionnant les divers réseaux existants. Cette convention stipule que sa gestion doit être faite de façon industrielle et suivant des tarifs fixés à un niveau permettant de couvrir les dépenses.
Afin de résoudre les difficultés financières que connaissaient les chemins de fer jusque-là, les obligations de service public et les modalités pratiques de son fonctionnement sont définies dans un cahier des charges de l'exploitation du réseau.

Louis Armand se forme et continue à découvrir les différents aspects techniques des chemins de fer. Il cherche également à améliorer l'efficacité du matériel dans l'intérêt du transport et des voyageurs.
Les chaudières des locomotives à vapeur sont souvent attaquées par l'entartrage qui provoque de nombreux disfonctionnements. Louis Armand trouve alors un procédé qui traite les eaux, afin d'éviter les problèmes de corrosion : c'est le TIA, utilisé dès 1940, qui réduit les coûts d'entretien des locomotives, telles les 141-R Libération d'après-guerre, avant le développement de l'électrification des lignes de chemin de fer.