5 - Haute-Savoie : les enfants et la propagande

En Haute-Savoie comme ailleurs, l'école est le relais principal du discours sur la guerre, tant à travers les programmes scolaires qu'avec les activités para-scolaires.

Et lorsque l'instituteur est mobilisé, c'est l'institutrice qui s'occupe de tous les élèves, passant outre les règles de non-mixité habituellement en vigueur dans les écoles françaises.

La guerre est intégrée à l'ensemble des matières, toutes doivent permettre de mobiliser les esprits en développant le patriotisme et en donnant un sens à ce conflit. Il s'agit pour l'enseignant d'exalter la Nation, de créer un attachement à un pays caractérisé par une longue histoire. L'enseignant qui ne suivrait pas cette ligne, en se permettant des propos défaitistes, est exposé à la condamnation à une amende et à de la prison.

Enfin, l'école veut préparer le garçon à devenir un futur soldat : le ministre de l'Instruction publique demande à ce que des cours de tirs soient organisés dans les écoles. La liste des Morts pour la France est parfois accrochée sur les murs de la classe.

Pour aider les victimes de guerre, les enfants des écoles sont sollicités pour  des activités para-scolaires. Dès le 29 septembre 1914, une circulaire ministérielle préconise l'augmentation de la durée du travail manuel dans les écoles de filles, celles-ci étant chargées de coudre ou de tricoter pour les soldats des chaussettes, gants ou autres vêtements chauds en prévision de l'hiver. Des quêtes sont organisées très régulièrement au sein de l'école ou à la sortie de la messe par les élèves pour récupérer de l'argent destiné aux soldats ou aux familles démunies. Des drapeaux français, des médailles, des billets de tombola sont également vendus au même profit, tandis que des « Journées » sont consacrées à l'une ou l'autre de ces causes& Toute cette propagande induit parfois un sentiment germanophobe dont s'inquiète par exemple l'instituteur de Sciez.