3 - La Révolution et la période contemporaine

La Révolution française, dans sa lutte contre les emblèmes de l'Ancien Régime, abolit les armoiries, le 19 juin 1790, en même temps que la noblesse héréditaire, les titres et les qualificatifs nobiliaires et ecclésiastiques. Plusieurs d'entre elles sont alors martelées et mutilées.

Suite à la création d'une noblesse d'Empire, Napoléon Ier rétablit le droit aux armoiries. Leur usage est octroyé par lettres patentes, le droit héraldique étant extrêmement rigoureux et les règles de création très strictes.
Avec la Restauration (1815-1830) et le rétablissement de la noblesse d'Ancien Régime, il est permis à cette dernière de reprendre ses titres et armoiries, tout en accordant à la noblesse d'Empire le droit de garder les siennes.

Même si le début du XIXe siècle apparaît comme une période peu propice pour la science héraldique, des études sérieuses se développent progressivement : sous le second Empire, dès 1863, on assiste à un bel effort de la part des Archives nationales en ce qui concerne l'étude, le recensement et la publication d'inventaires de sceaux médiévaux.
Pour notre région, le rôle et l'action du comte Amédée de Foras (1830-1899) sont déterminants. Il a notamment publié le fameux Armorial et nobiliaire de l'ancien duché de Savoie, à la fois recueil d'armoiries mais aussi reconstitution aussi complète que possible de la filiation de ces familles. Pour cela, il a rassemblé, puis dépouillé inlassablement une volumineuse masse d'archives et de documents préparatoires.

La première moitié du XXe siècle, et notamment l'après première Guerre Mondiale, marque un tournant difficile, synonyme d'un déclin qui semble à la fois lent et inévitable : l'héraldique savante et érudite ne tient guère de place dans les recherches et les publications.

Aujourd'hui cependant, cette science auxiliaire de l'histoire semble connaître un véritable renouveau, sans doute à rapprocher de l'intérêt et du goût que portent nos contemporains pour le patrimoine et leurs racines.