3 - Trois abbayes cisterciennes en Haute-Savoie : Aulps, Bonlieu et le Lieu

Notre-Dame de Bonlieu

Fondée sur la commune de Sallenôves pour accueillir à l'origine des religieuses bénédictines, l'abbaye se transforme vers 1160 en un monastère cistercien, changement qui répond au développement prodigieux que connaît l'Ordre de Cîteaux. À la fin du XIIe siècle, quelques religieuses partent fonder Sainte-Catherine du Mont.
L'abbaye de Bonlieu connaît une période de prospérité avec des donations des comtes de Genève, des seigneurs de Sallenôves et des Vidomnes de Chaumont.
En 1535, elle accueille même les Clarisses de Genève, fuyant leur ville gagnée par le calvinisme.
Mais suite à un relâchement des mœurs, des saccages successifs et deux incendies, les religieuses s'installent à Annecy en 1648, où l'évêque peut surveiller de plus près le comportement des moniales. Elles s'installent d'abord dans une maison du faubourg de Bœuf, l'actuelle rue Carnot, avant de racheter le couvent des Bernardines du Pâquier et de s'y établir en 1755.
En 1772, les dames de Bonlieu accueillent les moniales de Sainte-Catherine du Mont, après la suppression de cette abbaye. Quelques années après, un incendie violent détruit le monastère, reconstruit en 1783.
À la Révolution française, les moniales sont dispersées et la propriété confisquée. Vendue comme bien national, elle est alors transformée en une manufacture d'armes, puis une fabrique de vitriol. Les bâtiments sont ensuite vendus à la manufacture Sainte-Claire, qui y installe des ateliers de tissage.

Notre-Dame du Lieu

Fondée en 1150 à Perrignier, ce prieuré de moniales cisterciennes est élevé au rang d'abbaye au cours du XIIIe siècle. Elle est placée, dès sa fondation, sous l'autorité de l'abbé d'Aulps jusqu'en 1443, puis sous celle de Tamié jusqu'en 1538.
Elle connaît une période d'aisance, grâce à la générosité de seigneurs locaux et de princes de la maison de Savoie. Comme Sainte-Marie d'Aulps et Notre-Dame de Bonlieu, elle tombe très vite dans les mêmes travers : relâchement des mœurs et vie mondaine obligent le chapitre à rappeler les moniales à l'ordre.
Le pillage des bâtiments, qui fait suite à l'occupation du Chablais par les Bernois, marque la fin de cet établissement religieux en 1538.

Ces trois abbayes cisterciennes connaissent une évolution semblable à celle que connaît l'Ordre de Cîteaux : fort développement au XIIe siècle, une période de prospérité liée à de nombreuses donations, puis un déclin jusqu'à la Révolution française.