4 - Les enfants et la propagande nationale

Durant ce premier conflit du XXe siècle, les enfants sont à la fois des victimes et des acteurs de cette guerre. Ils en sont aussi des symboles : leur image est très souvent utilisée dans la propagande française, tant à destination des adultes que des enfants.

L'image de l'enfant permet de justifier la guerre et les efforts demandés aux civils. Il est régulièrement représenté sur les affiches de souscription à l'emprunt national (c'est une dette contractée par un État envers les citoyens ; ceux-ci prêtent leur argent à l'État lorsque les finances publiques sont pauvres).

L'image enfantine est aussi exploitée pour encourager les soldats à combattre : l'enfant est, en effet, un grand soutien moral pour eux ; c'est pour protéger leurs enfants dans l'immédiat qu'ils doivent continuer à se battre, et obtenir la victoire pour leur assurer un avenir sans guerre. Dans la propagande, l'enfant est celui sur qui le soldat peut compter sans faillir pour le soutenir et l'aimer encore lorsqu'il rentrera de la guerre. Il occupe donc une place particulière dans l'esprit des soldats, ce qui se ressent aussi dans les lettres que ces derniers écrivent à leur famille.

La participation des filles ou des garçons est représentée de façon différente. Le garçon est interpellé en tant que futur soldat qui pourra se venger ; on attend également de lui qu'il remplace le père ou le grand frère aux travaux des champs. On encourage les filles à  bien travailler à l'école et à s'occuper de leur mère, des frères et sœurs et de la maison.

Tous sont incités à apporter leurs économies à la banque, à donner leurs jeux aux Poilus (surnom des soldats de la Première Guerre mondiale) pour les distraire, ou encore en ramassant certaines denrées pour éviter le gaspillage (les bouteilles et la ferraille, les châtaignes comme combustible&).

Ainsi, est élaborée une morale patriotique à laquelle les enfants adhèrent d'autant plus facilement qu'ils ont le sentiment de se mobiliser, de participer à la victoire à leur niveau, et d'appartenir à un peuple, à une nation qu'ils peuvent, eux aussi, défendre : « l'enfant français est aussi un combattant ».