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« Antiphonaire » est le nom donné au Moyen Âge à un recueil de chants liturgiques catholiques. Ce livre de chœur rassemble les paroles et les notes, ou les antiennes (antiphona en latin, dont il tire son nom) des différentes pièces chantées pendant la messe ou l’office divin. Les antiphonaires sont généralement de grand format et richement enluminés.

L’antiphonaire présenté ici est celui de la collégiale de Sallanches. Il date de 1592. Il renferme la liturgie propre à la collégiale qui sera utilisée jusqu’en 1827 : à cette date, monseigneur de Thiollaz, évêque d’Annecy, décide que l’église de Sallanches doit suivre le chant usité dans le reste du diocèse. Les initiales sont très illustrées, en couleur la plupart du temps. C’est sur certaines d’entre elles qu’on repère la date du manuscrit. En haut de chaque page, à gauche, sont inscrits les mois de l’année, et à droite, les saints. On reconnaît très bien la portée et les notes. La clef de sol n’est pas encore celle que l’on connaît aujourd’hui ; les dièses et les bémols n’existent pas (pas de gamme chromatique) ; enfin, on constate que les chants se faisaient à l’unisson mais avec des variations de notes sur certaines syllabes. On distingue les glissando et les reprises même s’ils ne ressemblent pas non plus aux signes de nos partitions actuelles. On lit au folio 291 que ce manuscrit a été copié par Franciscus Cornutus à la demande des chanoines de Sallanches, et achevé le 18 mars 1593.

La collégiale de Sallanches

Une collégiale est une église capitulaire, c'est-à-dire qu'elle possède un chapitre de prêtres. Il incombe notamment à ce collège de chanoines de chanter chaque jour l'office divin et d'accomplir les fonctions liturgiques de l’église. La collégiale de Sallanches a été érigée en 1391 par la bulle du pape Clément VII. Elle comptait un doyen et douze chanoines.