A la découverte de l'atelier

Les Archives départementales de la Haute-Savoie disposent d’un atelier de restauration et de conservation, où travaillent à plein temps des restauratrices diplômées.

L'atelier de restauration.

A l’heure actuelle les missions prioritaires de l’atelier sont la restauration des registres paroissiaux avant leur numérisation, et ce jusqu’en 2013, avec en parallèle un chantier de grande ampleur, celui des mappes sardes (plans cadastraux du 18e siècle dont les tailles varient de 2 à 60 m2).
Par ailleurs, les restauratrices travaillent ponctuellement à la mise en valeur d'archives pour les expositions temporaires, à la restauration de documents en vue de publications, au conditionnement sur mesure pour de nouvelles acquisitions, etc.

Nettoyage de déjections de mouches.
Consolidation de déchirure sur une mappe sarde.
Doublage d'un plan sur fond tendu.

La restauration regroupe toutes les interventions directes sur un objet, pratiquées dans le but de sauvegarder son intégrité matérielle et de garantir le respect de sa signification culturelle, historique, esthétique, et artistique. Par conséquent, elle n’est en aucun cas une « remise à neuf » du document, mais vise plutôt à stopper les dégradations : il ne s’agit pas d’améliorer l’état de l’objet mais bien de stabiliser sa condition actuelle. C’est un domaine d’activité relativement récent, basé sur une démarche scientifique : intervention sur l'objet, bien sûr, mais aussi examens méthodiques, diagnostic et documentation.
La profession se base sur trois règles déontologiques :

Principe de réversibilité
Les interventions de restauration doivent pouvoir être annulées à tout moment, sans risque pour le document. Le restaurateur n'utilise que des produits, matériaux et procédés qui ne nuisent pas aux biens culturels (réversibles, chimiquement neutres, stables dans le temps, etc.)

Traitements limités
Le restaurateur respecte le caractère unique du document, ses matériaux d'origine et leur vieillissement naturel. Dans cette perspective, il limite son intervention au strict nécessaire. La restauration n'est ni une remise à neuf, ni une reconstitution.
Il faut également tenir compte de la spécificité historique et technique de chaque objet. En effet, de nombreux documents ont connu des interventions trop poussées, voire abusives, qui ont eu pour conséquence la perte importante et irrémédiable d’informations historiques et techniques pour l’historien (type de couture particulière, matériaux utilisés à une époque ou dans un lieu donnés, techniques propres à un atelier, etc.)

Lisibilité de l'intervention

Avec le même souci de respecter l'intégrité du document, chaque intervention ou ajout du restaurateur reste décelable.  Même si elle est la plus discrète possible, l’intervention de restauration ne doit pas être « camouflée » : il ne s’agit pas d’un travail de faussaire !
Les restaurations menées aux Archives départementales de la Haute-Savoie sont documentées de façon précise. Ces mémoires techniques sont conservés à l’atelier, on y retrouve le descriptif et le constat d'état du document avant restauration, et le compte rendu de l’intervention. Les différentes étapes de traitement sont illustrées par des photographies.